• Découvrez les enjeux de l'inclusion des personnes sous main de Justice !

    Découvrez les enjeux de l'inclusion des personnes sous main de Justice !

  • La Fondation Entreprendre, la Fondation d’Entreprise du Groupe M6, Cegid Solidaire, le fonds de dotation Le Chant des Etoiles, en partenariat avec l’ATIGIP – Ministère de la Justice, dévoilent le programme « Entreprendre sa liberté ». L’objectif ? Faire émerger une démarche entrepreneuriale auprès des personnes sous main de justice pour les aider à trouver un horizon social et professionnel, par la mise en place d’un parcours dédié.

     

    Idées reçues, chiffres méconnus, enjeux d’insertion et de récidive… les questions carcérales restent souvent éloignées des débats sur l’emploi et l’entrepreneuriat.

    Le programme Entreprendre sa liberté vous propose un quiz pour mieux comprendre la situation carcérale en France et découvrir en quoi l’entrepreneuriat peut être un levier puissant de réinsertion et de remobilisation professionnelle.

     

    Ce quiz a été conçu par l’équipe Act'Ice (alliance des associations Possible et Ronalpia), dans le cadre de la démarche de recherche & développement du programme Entreprendre sa liberté.

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  • Section 1 - Comprendre la situation carcérale française

    Qui sont les personnes détenues ? Quelle est la situation actuelle dans les prisons françaises ? Quels sont les leviers pour sortir de la délinquance et prévenir la récidive, et comment les accompagner ?

  • La bonne réponse est : Vrai

    Sur l’ensemble des peines prononcées en 2023, 46% étaient des peines d’emprisonnement.

    La durée moyenne des peines de prison ferme prononcées est de 10,1 mois.

    36% des sanctions prononcées sont des peines d’amendes, 15% sont des peines de substitution (jours-amendes, travail d’intérêt général, suspension de permis de construire…).

    Source : Ministère de la Justice - Les chiffres clés de la justice - Édition 2024

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  • La bonne réponse est : 272 619

    Au 1er janvier 2024, on comptait en France 272 619 personnes faisant l’objet d’une mesure judiciaire en France (personnes détenues, en placement sous surveillance électronique, faisant l’objet d’une mesure alternative…).

    Parmi elles, au 1er Juillet 2025, 83 600 personnes étaient détenues au sein d'un établissement pénitentiaire, pour environ 62 000 places de prison opérationnelles. 27% d’entre elles sont en attente de jugement (détention provisoire), et donc présumées innocentes.

    La France connaît une surpopulation carcérale structurelle, notamment dans les maisons d’arrêt : le taux d’occupation moyen est de 130%, et dépasse 200% dans certains établissements. 73% des détenus vivent actuellement dans un quartier surpeuplé et plus de 4200 dorment sur des matelas au sol.

    Cela a des conséquences fortes sur les conditions de vie des personnes détenues (promiscuité ; moindre accès à des activités, à l’emploi et à un accompagnement ; hausse des incidents et des violences) et sur les conditions de travail des personnels (hausse de la charge de travail ; risque d’agression plus important ; perte de sens et d’attractivité des métiers).

    Le nombre de personnes sous main de justice est en augmentation depuis plusieurs années, avec pour raison principale l’allongement de la durée des peines, sans que cela ne soit corrélé à une hausse similaire de la population française ou à une hausse de la délinquance et de la criminalité. Cela représente environ 150 000 personnes passant par la case prison chaque année en France. En 1980, on dénombrait 108 123 personnes sous main de justice, dont 36 913 personnes détenues.

    Sources :
    Ministère de la Justice - Infos Rapides Justice n° 28 - Juillet 2025
    Observatoire des disparités dans la justice pénale - La surpopulation carcérale

  • La bonne réponse est : Faux

    Sur l’ensemble des condamnations prononcées en 2023, seules 0,4% concernaient des crimes (infractions les plus graves telles que les homicides).

    94% des condamnations concernaient des délits (infractions routières, atteintes aux biens et aux personnes, stupéfiants..).

    Source : Ministère de la Justice - Les chiffres clés de la justice - Édition 2024

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  • La bonne réponse est : 60%

    Plus de 60% des personnes détenues sont en situation de grande précarité avant leur entrée en détention.

    15% des personnes détenues indiquent être sans ressources avant leur détention, et une majorité disposent de conditions de vie particulièrement précaires à l’extérieur : 8% étaient sans domicile fixe, 31% avaient des conditions d’hébergement précaires (foyers, chez un tiers..) et seuls 13% étaient propriétaires (contre 58% de la population française). Ils sont également plus isolés sur le plan social et familial : 45% étaient célibataires et 13% divorcés.

    La prison est par ailleurs un facteur de précarisation supplémentaire : 2 tiers des personnes détenues déclarent être en situation de surendettement, et 21% des personnes détenues vivent avec moins de 50€ par mois, pour un coût de la vie en prison estimé à 200€ mensuels.

    Source : Emmaüs France & Secours catholique - Au dernier barreau de l’échelle sociale : la prison - 2021

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  • La bonne réponse est : 16%

    Les personnes étrangères représentent 16% des personnes condamnées par la justice en 2023 et 24,5% des personnes détenues. Selon l’Insee, elles représentent 7,6% de la population nationale.

    Cette surreprésentation s’explique par plusieurs facteurs :
    - des caractéristiques démographiques, sociales et économiques des personnes étrangères plus propices à la commission d’infraction : précarité socio-économique, moindre accès au marché légal de l’emploi, part plus importante d’hommes jeunes.
    - une plus grande sévérité des institutions à l’égard des étrangers : plus de contrôles de police, de poursuites judiciaires et de condamnations. A infraction identique, une personne étrangère présente un risque moyen d’être condamnée à de la prison ferme 49% plus élevé qu’une personne française.

    Sources :
    - Ministère de la Justice - Les chiffres clés de la justice - Édition 2024
    - Observatoire des disparités dans la justice pénale - Un traitement différencié des étrangers ?

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  • La bonne réponse est : 63%

    Sur l’ensemble des personnes libérées de prison en 2016, 63% ont commis une nouvelle infraction dans les 5 ans.

    Plusieurs facteurs de récidive ont été identifiés, parmi lesquels :
    - L’âge : la récidive est nettement plus importante chez les personnes de moins de 25 ans (77% contre 29% pour les personnes de plus de 55 ans).
    - Les liens familiaux : les personnes détenues mariées récidivent moins que les personnes célibataires (44% contre 67%).
    - Le fait de bénéficier ou non d’un accompagnement : le taux de récidive est plus important dans le cadre des sorties dites sèches (sans mesure d’accompagnement) que lorsque la personne a bénéficié d’un suivi via une mesure d’aménagement de sa peine. Seul un tiers des personnes libérées bénéficient d’un aménagement.
    - La santé mentale : les personnes ayant des antécédents psychiatriques ou souffrant d’addictions présentent un taux de récidive plus élevé.
    - La situation sociale : les personnes présentant avant leur incarcération une instabilité dans l’emploi et/ou le logement sont plus susceptibles de commettre de nouvelles infractions.

    Sources :
    - Ministère de la Justice - Infos Rapides Justice n° 20 - 2024
    - Ministère de la justice - InfoStat Justice n°183 - Mesurer et comprendre les déterminants de la récidive - 2021

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  • La bonne réponse est : 142€

    La prison est la mesure judiciaire qui s’avère la plus coûteuse, avec un coût moyen de 142€ par jour et par personne détenue.

    A titre comparatif, une journée de placement sous surveillance électronique est évaluée à 12€, une journée de placement à l’extérieur à 52€, une journée de travail d’intérêt général à 3,3€.

    Source : Cour des comptes - Évaluation de deux peines alternatives à l’incarcération - 2025

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  • Section 2 - Accompagner l’insertion professionnelle du public Justice

    Quels sont les enjeux d’insertion professionnelle des personnes sous main de justice ? En quoi l'entrepreneuriat peut-il être un levier de remobilisation et de retour vers l’emploi ?

  • La bonne réponse est : 53%

    Plus de la moitié des personnes détenues n’ont aucun diplôme (contre 14% dans la population française), et 11% sont en situation d'illettrisme.
    Seules 24% ont un niveau égal ou supérieur au baccalauréat, contre 58% de la population française.

    On constate également de forts différentiels par rapport à la situation dans l’emploi :
    - Un moindre accès à l’emploi : seules la moitié des personnes détenues déclaraient avoir un emploi (déclaré ou non) à leur entrée en prison.
    - Des emplois plus précaires : quand 75 % des Français en emploi bénéficient d’un contrat à durée indéterminée (CDI), seuls 45 % des détenus qui travaillaient avant leur entrée en détention relevaient de ce statut.
    - Des emplois moins valorisés socialement : on constate une surreprésentation des ouvriers (39 % contre 20 % en population générale) et une sous-représentation des cadres (7% en détention vs 19% dans la population active)

    Sources :
    - Direction de l’administration pénitentiaire, « La formation et l’enseignement », 2020
    - Emmaüs France & Secours catholique - Au dernier barreau de l’échelle sociale : la prison - 2021

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  • La bonne réponse est : 28%

    Moins d’un tiers des détenus ont accès à un travail, pour des temps de travail limités (0,5 à 0,7 ETP), des rémunérations très faibles (en moyenne, 280€ par mois), et des tâches généralement non-qualifiées.

    Cela est principalement lié au manque d’offres de travail au sein des établissements, qui ne permet pas à l’ensemble des personnes le souhaitant d’accéder à un emploi.
    L’Agence du travail d’intérêt général et de l’insertion professionnelle déploie depuis 2019, en lien avec ses partenaires, une politique de développement du travail dans les établissements, sur le plan quantitatif et qualitatif.

    Le travail revêt en détention revêt plusieurs enjeux :
    - Lutter contre la précarité en ayant les ressources nécessaires pour subvenir à ses besoins en détention (téléphoner, louer d’un réfrigérateur, cantiner des produits alimentaires…) et en constituant un pécule de sortie
    - Disposer de ressources afin d’indemniser les victimes et de payer les frais liés à la peine (amendes, frais de justice…)
    - Réduire l’inactivité liée à l’incarcération
    - Se remobiliser et développer de nouvelles compétences professionnelles, permettant de faciliter le retour à l’emploi à la sortie

    Source : Observatoire des disparités dans la justice pénale - Le travail en prison

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  • La bonne réponse est : Faux

    Il n’existe pas d’interdiction juridique de créer une entreprise en détention, sous réserve de ne pas avoir été condamné à une interdiction d’exercer une profession commerciale, une interdiction de gérer une entreprise et que les mentions inscrites au casier judiciaire ne soient pas incompatibles avec la profession visée.

    Dans la pratique, le fait d’être incarcéré entraîne d’importantes difficultés pratiques afin de pouvoir réaliser les formalités de création et de gestion d’entreprise (absence d’accès à internet, nécessité de réaliser certaines formalités en présentiel…).

    On estime que 5 à 20% des personnes détenues auraient un projet entrepreneurial sérieux.

  • La bonne réponse est : Faux

    Selon l'Agence du travail d'intérêt général et de l'insertion professionnelle, on recense 15 formations à l'entrepreneuriat et à la gestion d'entreprises en prison, pour un total de 199 bénéficiaires en 2022.

    Ces accompagnements vers l'entrepreneuriat peuvent prendre des formes diverses :
    - Programmes dédiés (programme PEP du CNAM, l’Excubateur..)
    - Programmes d’accompagnement généralistes vers l’emploi comportant des temps dédiés à l’entrepreneuriat (Wake Up Café, Justice 1ème Chance..)
    - Acteurs dédiés à l’accompagnement à l’entrepreneuriat qui s’engagent en prison (ADIE, Entreprendre pour Apprendre…)
    - Accompagnements proposés par des acteurs de droit commun (France Travail, Missions locales…)

  • La bonne réponse est : Vrai

    D’après des études réalisées aux États-Unis, pays dans lequel l’accompagnement à l’entrepreneuriat en prison est nettement plus développé, ces accompagnements permettent de réduire le taux de récidive.

    A titre d'exemple, le Prison Entrepreneurship Program a accompagné plus de 3.300 prisonniers au Texas depuis 2004. Le taux de récidive des personnes suivant leur programme est de 6,1% contre 21,7% pour les personnes non accompagnées.

    Plus globalement, on constate que seulement 33% des personnes insérées professionnellement récidivent, contre 63% des détenus. De même, bénéficier d’une formation durant sa détention réduit de 43% la probabilité d’être à nouveau incarcéré.

    Sources :
    - Assemblée nationale, Étude d’impact du projet de loi pour la confiance dans l’institution judiciaire, 2021
    - Marc Baader et Evelyne Shea, Le travail pénitentiaire, un outil efficace de lutte contre la récidive ?, 2007
    - Institut Montaigne, Travail en prison : préparer (vraiment) l’après, 2018

  • La bonne réponse est : Faux

    Seuls 25 % des sortants de prison réussissent à trouver une activité professionnelle régulière dans les douze mois après la sortie : ces difficultés réelles à s’insérer dans le monde du travail peuvent être l’une des motivations pour créer son entreprise.

    Cependant, les recherches mettent en évidence des sources de motivation diverses pour se lancer dans un parcours entrepreneurial :
    - Des facteurs de type “push” liés à de l’insatisfaction ou à la nécessité : casier judiciaire réduisant les opportunités, stigmatisation et discriminations à l’embauche liés à l’étiquette “sortant de prison”
    - Des facteurs de type “pull” : la liberté, l’autonomie et l'indépendance associés à l'entrepreneuriat sont fréquemment évoqués comme des facteurs de motivation

    Sources :
    - Marc Baader et Evelyne Shea, Le travail pénitentiaire, un outil efficace de lutte contre la récidive ?, 2007
    - Walid A. Nakara et Maryline Bourdil, Entrepreneuriat et prison : une étude exploratoire sur la création d’entreprise par des anciens détenus, 2016

  • La bonne réponse est : Vrai

    La réinsertion à l’issue d’une peine de prison peut s’avérer être un véritable parcours du combattant : les personnes détenues cumulent de nombreux freins périphériques dans l'accès à l'emploi (santé mentale, addictions, accès au droit, accès au logement, mobilité, liens sociaux et familiaux, casier judiciaire.. etc.), qui nécessitent un accompagnement individualisé et soutenu.

    De même, monter un projet d’entreprenariat nécessite de mobiliser de nombreuses ressources et peut s’avérer complexe, d’autant plus pour des personnes en situation de précarité ou de vulnérabilité.

    Au delà de la création in fine d’une entreprise, un dispositif d’accompagnement vers l’entrepreneuriat peut s’avérer être un véritable support de réinsertion : cela permet de développer des éléments essentiels tels que l’estime de soi, la reprise de pouvoir d’agir sur son avenir, la capacité à se projeter, la rupture de l’isolement et la création d’un nouveau réseau social et professionnel.. etc. L’accompagnement porte à la fois sur l’entrepreneur (lui redonner confiance en lui et en ses capacités) et sur le projet entrepreneurial (soutien technique, administratif..).

    Il apparaît donc pertinent, au vu de ce “double parcours du combattant”, de faire émerger des dispositifs d’accompagnement à l’entrepreneuriat dédiés à ce public : c’est le sens du programme Entreprendre sa liberté !

    Les membres du collectif partagent la conviction que l’accompagnement à l’entrepreneuriat et au développement des compétences entrepreneuriales est un outil supplémentaire, pertinent et sous-utilisé pour soutenir la remobilisation professionnelle et l’insertion des personnes placées sous main de justice.

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